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DIAGNOSTIQUE BIOLOGIQUE
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Les anti-histaminiques (anti-H1) et les corticostéroïdes inhalés n’ont aucune influence sur les taux sériques d’IgE totales ou spécifiques.
Seuls les corticoïdes per os à forte dose peuvent diminuer significativement la réponse en IgE.
Par contre, les corticostéroïdes inhalés diminuent le taux d’ECP (Eosinophil Cationic Protein), ce marqueur étant utilisé dans le suivi de l’efficacité de leur action anti-inflammatoire, au cours du traitement de l’asthme.
Les tests cutanés ne peuvent être pratiqués qu’après arrêt de 3 jours à 5 jours des anti-histaminiques et de certains psychotropes à activité anti-H1 (neuroleptiques dont les phénothiazines et benzodiazépines).
Les corticostéroïdes inhalés n’ont aucune influence sur les tests cutanés.
Une corticothérapie générale n’est pas rédhibitoire, mais la réponse cutanée peut être modifiée, par action sur l’érythème.
Avant toute prescription de tests biologiques, il est recommandé d’effectuer un interrogatoire rigoureux à la recherche des facteurs déclenchants spécifiques et non spécifiques. L’interrogatoire permettra d’orienter les tests cutanés.
- Dans le cadre d’une suspicion d’allergie alimentaire, la prescription de mélanges de trophallergènes (type Trophatop®) permet un bon dépistage. Toute positivité d’un mélange doit être suivie d’une identification des allergènes qu’il contient.
- Dans le cadre d’une suspicion de sensibilisation aux pneumallergènes (acariens, phanères, pollens, moisissures), des études montrent que les mélanges du type Phadiatop® possèdent une bonne sensibilité et une bonne spécificité.
- Le test CLA®, qui contient 30 allergènes séparés (pneumallergènes, trophallergènes ou mixtes), reste séduisant mais des études montrent que sa sensibilité est variable selon la nature de l’allergène et la concentration en IgE totales, et les résultats sont parfois peu informatifs, surtout dans l’allergie alimentaire.
Il est à noter que les IgE totales sont encore beaucoup prescrites, alors qu’elles sont de faible intérêt diagnostique. En effet, elles s’élèvent dans d’autres pathologies que l’allergie (parasitoses, viroses), et par ailleurs leur normalité ne permet pas d’exclure un contexte allergique (dans 20 % des cas). Elles ne sont cumulables avec aucun autre test d’allergie.
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Peut-on demander des IgE sériques à n'importe quel médicament ? |
Il existe des réactifs seulement pour un nombre limité de médicaments :
- antibiotiques (b-lactamines, sulfamides…)
- anesthésiques généraux (myorelaxants, thiopental), locaux et antalgiques
- protéines (insuline, gélatine, enzymes)
Il faut souligner que l’hypersensibilité de type I (choc anaphylactique, œdème de Quincke, urticaire aiguë, asthme, rhinite, rash) représente une très faible proportion des effets secondaires médicamenteux
(3 à 5 %). Parmi les autres mécanismes immunologiques, on peut citer :
- des réactions retardées à médiation cellulaire (aminopénicillines, héparines classiques et de faible poids moléculaire),
- des mécanismes cytotoxiques engendrant des cytopénies :
anémie hémolytique à la pénicilline, à la Céfalotine®, agranulocytose immunoallergique à l’amidopyrine, au Bactrim®, purpura thrombopénique immunoallergique aux HBPM,
- des réactions « pseudo-allergiques » :
histamino-libération aux produits de contraste iodés, à la vancomycine, aux opiacés, activation de l’acide arachidonique par les AINS, activation du complément par les produits de contraste iodés,
- des photosensibilisations.
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Existe-t'il d'autres tests d'allergie pour les médicaments ? Quelles sont les conditions de prélèvement ? |
A côté des dosages sériques, certaines classes médicamenteuses peuvent être explorées par des tests cellulaires d’allergie. Les plus courants sont les Tests d’Activation des Basophiles (TAB), qui ont remplacé les Tests de Dégranulation des Basophiles Humains (TDBH). Les autres tests d’allergie cellulaire sont les tests d’histamino-libération, les tests de transformation lymphoblastique (TTL) et les tests de libération des Leucotriènes C4 (LTC4). Ces tests sont réalisables vis-à-vis d’un nombre limité de médicaments (antibiotiques, anesthésiques, anti-inflammatoires…), à distance de la réaction anaphylactique (>4 à 6 semaines).
Ils imposent que le patient n’ait pris aucun traitement anti-histaminique, anxiolytique ou corticoïde (même local) dans les 15 jours précédents.
Un tube de 5 ml de sang total EDTA ou ACD par allergène à tester est nécessaire.
Ce prélèvement doit être acheminé à température ambiante, dans les meilleurs délais, pour que les cellules soient bien conservées.
Ces tests d’allergie cellulaire ne sont pas interprétables sur un prélèvement de plus de 48 heures.
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L'aspirine peut-elle provoquer des réactions allergiques ? |
L’aspirine et les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) provoquent des réactions exceptionnellement IgE médiées : le terme d’ « intolérance » correspond mieux au mécanisme qui, par inhibition de la cyclo-oxygénase, dévie le métabolisme de l’acide arachidonique vers une production excessive de prostaglandines et leucotriènes. Chez l’adulte, la forme associant asthme-intolérance à l’aspirine-polypose nasale constitue le syndrome de Fernand Widal, parfois associé à de l’urticaire et/ou angio-œdème.
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Intolérance ou allergie au lactose du lait de vache ? |
Il ne s’agit pas d’allergie, mais d’une « intolérance », liée à une insuffisance d’activité de la lactase, enzyme de la bordure en brosse des entérocytes.
L’activité de la lactase est élevée à la naissance, et diminue progressivement au moment du sevrage. L’activité résiduelle est variable selon les ethnies, avec un gradient Nord-Sud.
L’intolérance au lactose est fréquemment suspectée chez les enfants et adultes présentant des diarrhées et douleurs après ingestion de produits lactés. Ces troubles peuvent être diminués en réduisant la consommation en aliments riches en lactose (lait), au profit de produits fermentés.
Il a été décrit des tests respiratoires au lactose-hydrogène ou lactose-13C permettant d’explorer l’intolérance au lactose, mais ces tests ne sont pas encore disponibles en diagnostic. Enfin, l’intolérance congénitale au lactose, qui se déclare peu de temps après la naissance est extrêmement rare.
Ce mécanisme ne doit pas être confondu avec l’allergie aux protéines du lait de vache (caséine, alpha-lactalbumine, bêta-lactoglobuline sont les principales protéines). L’allergie aux protéines du lait de vache est une réaction à mécanisme immunologique, pouvant se manifester par une dermatite atopique, un asthme, une rhinite, voire une anaphylaxie, des troubles gastro-intestinaux pouvant aussi être associés.
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