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La
déhydroépiandrostérone (DHA ou DHEA) et son sulfate
(SDHA ou SDHEA) sont des stéroïdes androgéniques sécrétés
par les corticosurrénales.
La DHEA est un précurseur de nombreux stéroïdes (testostérone
chez l'homme et estradiol chez la femme). Son taux de production est faible
(2 à 4 mg/j) avec une demi-vie courte, de 15 à 30 mn (sulfatation
rapide par le système porte). Le taux sérique varie au cours
du nycthémère et est très sensible au stress. Il
est élevé en cas de sécrétion tumorale et
dans certains déficits enzymatiques surrénaliens (déficit
en 3 béta hydroxystéroïde déshydrogénase).
La sécrétion du SDHEA est plus importante (20 à 30
mg/j chez l'adulte jeune) et sa demi-vie plus longue, de 7 à 10
h. Son taux sérique est donc plus stable au cours du nycthémère.
DHEA et SDHEA sont interconvertibles sur le plan métabolique (sulfatase
et sulfotransférase).
La concentration sérique du SDHEA atteint un maximum entre 25
et 35 ans selon les sujets, puis diminue de 2 % par an, soit
une baisse de 20 % tous les dix ans à partir de la quarantaine.
Cette baisse a conduit à évoquer son implication dans le
processus du vieillissement.
Chez la femme enfin, les concentrations sont habituellement inférieures
à celle de l'homme de 10 à 20 %.
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Lorsque
la demande est isolée, dans le cas de bilan d'hyperandrogénie
chez la femme, de troubles pubertaires chez l'enfant ou d'exploration
du vieillissement, la prescription doit être " SDHA "
pour sulfate de DHEA. Cet examen est réalisé tous
les jours sur du sérum (le volume optimal de sérum
à envoyer est de 1 ml). |
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Lorsque
la demande est liée à une épreuve de stimulation
(test au Synacthène Immédiat
), la prescription
doit être " DHEA ", cet examen est réalisé
2 fois par semaine sur deux jours (le volume optimal de sérum
à envoyer est de 2 ml). |
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En
effet, il existe environ 500 fois plus de SDHA que de DHEA dans le sang
circulant, le SDHA est plus stable au cours du nycthémère,
le taux de DHEA forme libre est majoré par le stress du prélèvement
ou par la lyse intra-prélèvement du SDHA en DHEA.
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Les
taux élevés et stables du SDHEA dans la circulation en font
un paramètre beaucoup plus fiable à interpréter que
la DHEA (taux du SDHEA 400 à 500 fois plus élevés
que les taux de DHEA).
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Il existe
, dans la littérature, des valeurs usuelles de SDHEA par tranche
d'âge. |
En 1984, Orentreich
N. a dosé le SDHEA chez 981 hommes et 481 femmes âgés
de 11 à 89 ans et a confirmé la décroissance de l'ordre
de 20 % tous les 10 ans à partir de la quarantaine. |
Aux doses
actuellement préconisées et qui sont proches du taux de production
journalier, les valeurs attendues sont celles de l'adulte jeune soit en
moyenne 2000 ng/ml chez la femme et 3000 ng/ml chez l'homme. |
Comme pour
toute hormonothérapie, il faut s'abstenir d'en prendre le matin avant
le prélèvement sanguin. |
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Attention,
lors de l'interprétation des dosages avant la prise de DHEA, il faut
s'enquérir d'un éventuel traitement par corticoïdes,
que ce soit à visée rhumatismale, dermatologique, substitutive,
anti-allergique
Ces traitements provoquent une baisse des sécrétions
de la surrénale et peuvent entraîner des taux bas de SDHEA. |
L'étude
DHEAge a porté sur 280 volontaires sains et motivés âgés
de 60 à 79 ans. A la dose quotidienne de 50 mg versus placebo pendant
un an, il a été noté une élévation
des taux de SDHEA dans les valeurs des adultes jeunes, une amélioration
de la qualité de la peau (hydratation, sécrétion
séborrhéique, pigmentation, épaisseur cutanée),
de la libido et de la densité osseuse (particulièrement
chez les femmes). Aucun effet d'accumulation à la dose de 50 mg
par jour n'a été noté.
( E.-E. Baulieu, PNAS 2000, vol. 97, n°8, p4279-4284).
L'étude
DHEAge n'a inclu que des volontaires sains, âgés de plus
de 60 ans (les effets les plus probants, sur l'os en particulier ont été
notés chez les sujets de plus de 70 ans).
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Quid
des effets de la prise de DHEA chez les sujets atteints d'une pathologie
chronique ?
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Quid
des effets de la prise de DHEA chez les sujets jeunes ?
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Quid
des
effets de doses très supérieures aux 50 mg de cette
étude ?
• Quid
des effets
de la prise de DHEA sur des périodes prolongées ?
• Quid
du remplacement
du Traitement Hormonal Substitutif (THS)
• Quid
de la
ménopause par la prise de DHEA , ou de l'ajout de DHEA à
ce type de traitement ?
A ce jour, pas d'intérêt supérieur au dosage sérique du SDHEA.
Conclusion : Compte tenu de toutes ces inconnues, il convient d'être prudent (en particulier dans les pathologies mammaires et prostatiques) et d'inciter les patients à prendre un avis médicalisé avant et au cours d'une éventuelle prise de DHEA.
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